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TRIBUNE LQJ 23.02.2021

Covid: un «ras-le-bol» certain ne doit pas nous faire dévier du cap!

Elisabeth Baume-Schneider, conseillère aux États Pierre-Alain Fridez, conseiller national

Depuis une année, le Covid-19 marque de son empreinte notre vie quotidienne.

Que ce soit dans le cadre familial, professionnel ou amical, nos habitudes sont chamboulées. L’année passée, de février à juin, nous avions le sentiment de vivre en quelque sorte une épopée collective ; la plupart d’entre nous, acquis·e·s au sens des mesures prises pour préserver la santé des personnes vulnérables, ont respecté les consignes sanitaires avec l’objectif de contribuer à faire face à une situation dont on n’imaginait pas un seul instant qu’elle durerait aussi longtemps.

Les mois d’efforts laissaient apparaître en juin une prometteuse embellie. Force a été de constater que les mesures d’assouplissement de l’été nous ont projeté·e·s dès le mois d’octobre dans une seconde vague qui nous confronte désormais à nos limites.

L’équilibre entre protection sanitaire et relance économique

Nous sommes convaincus de la nécessité de trouver un équilibre entre protection sanitaire et relance économique. Toutefois, les avis divergent quant aux mesures à prendre. D’une part, le temps des restrictions affecte notre moral et les effets collatéraux de la crise s’affirment désormais massivement avec des situations douloureuses pour les secteurs de l’économie empêchés de travailler (cafetiers-restaurateurs, milieux culturels et sportifs notamment). D’autre part, la solitude pèse sur notre santé psychique, le manque de perspectives épuise et mécontente les jeunes, les personnes au chômage ne retrouvent pas de travail, etc… Bref, la confiance s’érode, les incompréhensions s’installent, les reproches s’additionnent, chacun y va de son expertise, parfois de pacotille!

Ce contexte d’une rare complexité ne favorise pas les certitudes. Pourtant nous devons bien admettre que si les décisions prises ne nous convainquent pas toutes avec la même intensité et si nous relevons des incohérences, il est fondamental de garder un cap en matière de lutte contre la pandémie. Nous connaissons toutes et tous dans notre entourage des personnes confrontées à la maladie ou au deuil et personne ne contestera la nécessité de ne pas surcharger les hôpitaux.

Être conséquents en matière d’indemnisation

Dans nos débats aux Chambres fédérales, nous avons à chaque fois martelé le fait que si l’État décide de fermer, il doit nécessairement définir des dispositifs pragmatiques pour indemniser les personnes empêchées de travailler. Nous avons à chaque fois voté en faveur de mesures qui prennent en considération les besoins des travailleurs et des travailleuses et ainsi obtenu, après de longues tergiversations, une indemnisation via la RHT à 100% pour les bas revenus soit les salaires mensuels jusqu’à 3470 fr. Nous avons souhaité une intervention de l’État pour les baux à loyer commerciaux mais la droite n’a pas voulu de cette aide publique qui aurait été bénéfique pour bon nombre de petits indépendants. Nous avons à chaque fois voté les mesures qui permettent d’apporter un soutien financier au plus grand nombre d’entreprises, soit notamment l’abaissement du chiffre d’affaires de 100 000 fr. à 50 000 fr. et une baisse de ce dernier de 40% en lieu et place de 55% pour bénéficier des aides dans le cadre des cas de rigueur.

La situation est difficile avec des démarches administratives parfois fastidieuses. Nous comprenons et respectons le «ras-le- bol» général. Toutefois, nous estimons qu’il n’est pas responsable d’exiger une accélération des ouvertures sans être conséquents et sans prendre en considération les risques encourus en vue d’éviter un effet yoyo. La prudence des pays qui nous entourent nous invite à une réflexion sereine et non pas à désigner hâtivement des boucs émissaires, soit au niveau du Conseil fédéral ou du Gouvernement jurassien.

Calendrier du déconfinement

Pour répondre aux attentes légitimes et à l’impatience de la population, nous souhaitons qu’un véritable plan de sortie de la pandémie soit établi avec une communication régulière quant à l’évolution globale de la situation. Il est important que la cadence de la vaccination s’accélère, avec notamment une possibilité d’assouplissement des mesures dans les EMS. Sous conditions du strict respect des règles sanitaires et de plan de protection clairement établis, des allégements ciblés et par pallier sont à envisager dès le 1er mars (restauration, nombre de personnes en famille, ouverture des lieux culturels, activités sportives pour les jeunes en élevant l’âge de 18 à 25 ans notamment, etc.). Nous souhaitons que le calendrier du déconfinement soit adapté à des périodes d’évaluation de deux semaines et non d’un mois pour répondre à la réalité sanitaire, économique et sociale de la population.

En conclusion, nous souhaitons qu’un dialogue constructif se poursuive entre autorités fédérale, cantonale et communale et avec la population. Nous nous étonnons des effets d’annonce de certains partis qui ont toute latitude de s’adresser aux membres des exécutifs de leur parti respectif pour faire évoluer raisonnablement la situation et sortir ensemble de la crise à un rythme utile à toutes et à tous. Il est essentiel, et la Suisse en a les moyens financiers, de continuer à garantir un projet de société qui inscrit la solidarité et l’empathie au cœur de son action.

Parti socialiste jurassien

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