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Les coulisses du palais

La session parlementaire a débuté dans un environnement pour le moins particulier. L’infrastructure de BernExpo est tout simplement gigantesque.

Les normes de distance installent une étrange ambiance oscillant entre le plaisir de se retrouver et de se remettre au travail et le respect des règles organisationnelles posées. Chacun est à sa table; on se lève pour voter; le décor est posé. Mais l’essentiel est ailleurs. Les décisions politiques à prendre sont vitales: soutien aux crèches, à la presse régionale, à la culture, aux apprentis, aux locataires, aux entreprises, aux indépendants, aux secteurs de la restauration, touristique, etc. Il ne s’agit pas d’une liste à la Prévert mais d’emplois, de conditions de travail ou de formation.

La déclaration de Simonetta Sommaruga a marqué de manière solennelle le début des travaux. Elle a rappelé l’implacable nécessité de ne pas perdre de vue qu’un virus peut bouleverser bien des certitudes et nous concerner rapidement toutes et tous dans notre vie quotidienne. Le Conseil fédéral a pris, sou- vent en concertation avec les cantons, des décisions difficiles visant en priorité à protéger la santé de la population.
Si certains estiment aujourd’hui que les mesures prises furent démesurées, avec des conséquences économiques catastrophiques, j’invite à ne pas oublier la situation vécue en Lombardie, ou plus proche encore, en France voisine ou au Tessin. Chaque jour égrenait sa lugubre liste de décès et la surcharge du système sanitaire était inquiétante. Si nous pouvons envisager un déconfinement progressif, c’est justement parce que nous avons été en mesure de «stopper la machine» en vue d’endiguer la propagation du virus.

Si l’arrêt fut net et sans concession, la reprise doit être équilibrée et progressive, avec une prise de risque mesurée. On ne peut se contenter de réciter exclusivement dans le confort douillet du 1er Août le refrain «de la force de la communauté qui se mesure au bien-être du plus faible de ses membres». Nos décisions ont à exprimer la solidarité du lien confédéral; la Suisse est suffisamment riche pour envisager de manière sereine un endettement utile à court et moyen terme. Les milliards injectés dans l’économie sont nécessaires. Les millions mis à disposition des crèches, de la presse régionale, des activités jeunesse et sport sont autant d’éléments également constitutifs d’un programme de relance. Il n’est pas admissible que pour répondre aux plus démunis, ce soit la Chaîne du Bonheur, Caritas et d’autres institutions qui soient la seule réponse. Toutefois, l’équilibre des décisions requiert que ce choix ne soit pas fait au détriment des mailles d’un filet social qui doivent encore être resserrées.

En conclusion, nos décisions poli tiques ne sauraient se contenter du label de «dépenses historiques». Elles doivent désormais clairement être à la hauteur de l’incroyable et remarquable engagement des personnes qui nous permettent de traverser la crise. Les applaudir en signe de reconnaissance est sympathique. Décider d’investir de manière équilibrée et solidaire est responsable !

Elisabeth Baume-Schneider

Article complet | LFM — Mercredi 6 mai 2020

Parti socialiste jurassien

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