SOCIALISTE 102-2021

Oui à une révision de la loi CO2 équilibrée et juste

La loi sur le CO2 est la résultante d’un travail parlementaire de longue haleine. Si elle n’est pas totalement ciselée à l’aune de nos valeurs et de notre engagement en matière de justice climatique et sociale, elle n’en demeure pas moins un premier pas fondamental, nécessaire et prometteur.

Elle est équilibrée et juste face à un constat imparable : le réchauffement climatique et ses conséquences sur nos  écosystèmes  et  sur  notre  santé  nécessitent  une  véritable  politique  climatique.  Contester  le  fait que  notre  planète  se  dérègle  ou encore  affirmer  que  nos  comportements humains n’en seraient pas responsables  relèvent  soit  de  l’inconscience, soit de la mauvaise foi, soit des deux … En écho aux enjeux climatiques,  la  loi  fixe  d’une  part des objectifs et propose d’autre part une combinaison de mesures en vue de réduire, par rapport à 1990, nos émissions  de  CO2  d’au  moins  50 % d’ici à 2030.

Concrètement, il est temps de renoncer aux énergies fossiles ! Il est possible de progressivement passer à  un  approvisionnement  énergétique sans pétrole, charbon ou gaz. En diminuant nos importations corrélées  à  une  dépense  de  l’ordre  de 8  milliards  par an profitant  avant tout au lobby pétrolier, on investit en Suisse  dans  l’efficacité  énergétique et dans la production d’électricité et de chaleur renouvelables ; on crée de la valeur ajoutée et des emplois.

Il  est  aussi  temps  de  prendre conscience  du  fait  que  nous  avons à  changer  certaines  habitudes  de consommation ;  les  taxes  incitatives  valident  le  principe  du  pollueur-payeur et nous invitent à faire des choix. Prévoir une taxe (30.– à 120.–) sur les billets d’avion ou sur les  jets  privés  (500.–  à  3000.–)  n’a rien  de  choquant.  Ne  plus  chauffer avec une chaudière à mazout en cas de nouvelle installation est aujourd’hui déjà une option régulièrement retenue, notamment grâce aux programmes  de  soutien  cantonaux et fédéraux.

Les  opposants  à  la  loi,  UDC  en tête, fustigent des coûts exorbitants et n’hésitent pas à parler de plusieurs milliers de francs ponctionnés sur le dos des familles. Affirmer que la loi est équilibrée ne relève pas d’un slogan  aguicheur  ou  d’une  confiance aveugle à l’égard de notre conseillère fédérale  Simonea  Sommaruga … Non, mais grâce à son engagement en faveur d’un compromis solide, la loi est conçue dans une perspective équitable. Les 100.– mentionnés par le  Conseil  fédéral  représentent  le montant indicatif pour une famille de 4 personnes, avec une voiture à essence,  un  chauffage  à  mazout  et un vol par an en Europe. Certes, en habitant dans une région moins bien desservie par les transports publics, les frais de véhicules sont plus élevés.  Il  est  toutefois  faux  d’affirmer que la loi défavorise d’une manière générale  les  régions  périphériques et  appauvrit  les  ménages  les  plus modestes.  Il  est  utile  de  rappeler que la loi confirme le principe de la redistribution de la taxe CO2 ; le « bonus climatique » versé à chaque personne, quel que soit son âge ou son revenu, s’élèvera à 167.– par année.

Avec  un  objectif  de  redistribution, un fonds pour le climat est institué  avec  l’établissement  de principes d’alimentation et de répartition  du  produit  global.  En  fixant les  critères  de  soutien,  le  Conseil fédéral tient compte de la situation économique  de  l’espace  rural  et des  régions  de  montagnes.  À  titre d’exemple, la Confédération soutiendra  l’installation  de  bornes  de recharge  pour  voitures  électriques dans les immeubles d’habitation, les cantons dotés de programmes relatifs  à  l’assainissement  énergétique des  bâtiments,  et  contribuera  à  la promotion du transport ferroviaire transfrontalier, y compris par trains de nuit, etc.

En  conclusion,  dire  OUI  à  la  loi CO2 revient à choisir un réel progrès, un  socle  de  base  pour  lutter,  sans perdre des années cruciales, contre le réchauffement climatique.