LFM — Samedi 12 mars 2022

Une petite semaine, avec des dossiers « terriblement sensibles »

Au vu du programme et de l’avancement des travaux au Conseil national, le Conseil des Etats a siégé uniquement lundi et mardi. 

En parallèle aux séances de la session, tous les groupes politiques s’informent, analysent l’évolution de cette guerre si dramatique en Ukraine. Deux autres dossiers ont aussi mobilisé mon attention : les OGM et le cheval franches-montagnes.

Désormais, mis à part quelques personnes dont l’obsession première demeure figée dans une définition désincarnée de la neutralité passive de la Suisse, tout le monde s’accorde plus ou moins sur le fait qu’il est juste d’appliquer des sanctions économiques à la Russie, qui a brutalement violé le droit international.

La tradition humanitaire de la Suisse, sa réalité géostratégique au cœur de l’Europe, la condamnation de l’opinion publique de la guerre, l’élan de solidarité en faveur des réfugiés ont insufflé un discours renouvelé et un tournant dans la politique étrangère de la Confédération.

Au fil des différentes séances d’informations et de discussions, il apparaît à quel point le président Poutine a imposé une idéologie impérialiste archaïque de la Russie et, si sa vision semble désormais partir en lambeaux, elle n’en fait pas moins des dégâts humains massifs.

Ce mardi 15 mars aura lieu un débat urgent au sujet des questions de sécurité ; il s’agira d’élargir le débat aux questions humanitaires, à l’approvisionnement en énergie, aux effets sur les prix en Suisse et de ne pas se cantonner à des questions de capacité de défense de l’armée suisse.

Moratoire prolongé

Les chambres ont également mis sous toit la loi sur les OGM. S’il est bien un domaine dans lequel les lobbies sont actifs, c’est celui de l’industrie agroalimentaire. Après avoir dans un premier temps, en décembre dernier, souhaité prolonger le moratoire de quatre ans en vue de prendre le temps nécessaire d’évaluer les nouvelles technologies d’intervention sur le génome, les débats ont débouché sur un compromis.

Désormais, le moratoire est prolongé, ce qui me réjouit en matière de sécurité juridique et de respect du choix des consommatrices et consommateurs qui souhaitent clairement savoir ce qui se trouve dans leurs assiettes. Le Conseil fédéral élaborera un rapport dans les deux ans à venir, pour se prononcer quant aux perspectives de procédés de sélection par édition génomique, sans introduction d’ADN étranger dans les organismes.

Il s’agit de continuer à être vigilant et de vérifier si les recherches menées apporteront de nouvelles réponses sécurisées pour permettre aux plantes de lutter contre certaines maladies…

Incompréhension

Et pour clore la semaine, en concertation avec Albert Rösti, président de la Fédération suisse du franches-montagnes (FSFM), mon collègue Charles Juillard et moi avons sollicité un rendez-vous auprès du Conseiller fédéral Guy Parmelin, pour réaffirmer notre incompréhension à l’encontre des propositions contenues dans l’ordonnance sur l’élevage mise en consultation par la Confédération.

Il en va de la reconnaissance du travail des éleveurs, tant sur le plan de leur expertise que de leur revenu, de même que de l’avenir de la seule race chevaline indigène. Informations à suivre la semaine prochaine…

Elisabeth Baume-Schneider, Les Breuleux
Conseillère aux Etats