LFM — Samedi 11 décembre 2021

Le militant Guillermo Fernandez met un terme à sa grève de la faim

Ce jeudi aura permis à Guillermo Fernandez de considérer son appel comme entendu et de mettre un terme à sa grève de la faim.

 La date du 2 mai figure d’ores et déjà à mon agenda ; je participerai à la séance d’information organisée par l’Académie suisse des sciences naturelles, sur invitation de la Présidente du Conseil National Irène Kälin. Ce dialogue est indispensable pour agir avec détermination en nous basant sur les connaissances scientifiques issues notamment des derniers rapports du GIEC.

Il ne s’agit plus seulement de se documenter passivement au sujet du changement climatique ; il convient de prendre connaissance des données issues de la recherche en vue de nous orienter sur les mesures concrètes à prendre pour atteindre des objectifs ambitieux en matière de stratégie de décarbonation de la société dans le domaine de l’assainissement des bâtiments, de la mobilité et des activités économiques.

L’action de Fernandez et des personnes qui le soutiennent met en lumière notamment l’absence de confiance d’une partie de la population à l’encontre de l’inertie du système politique.

Un militant m’a ainsi reproché les positions d’arrière-garde du parti socialiste ! J’ai pris note, en l’invitant à prendre en considération les rapports de force au sein des institutions politiques… Je comprends ce sentiment de déception, mais je demeure convaincue de la nécessité de continuer à dialoguer et de ne pas se figer dans des positions clivantes.

La voie institutionnelle démocratique repose sur la culture du débat d’idées et des choix pris à la majorité des voix ; parfois les résultats sont serrés et chaque voix compte. Dès lors, l’essentiel, face à l’urgence climatique, consiste à convaincre une majorité d’élus quant à la nécessité d’agir de manière plus massive et rapide.

Loi sur l’assurance maladie discutée

Les travaux de cette semaine ont également permis de poursuivre les débats sur des projets de société tels que la loi sur l’AVS et la loi sur l’assurance maladie. Pour cette dernière, dans le cadre du débat d’entrée en matière, tout le monde a affirmé la nécessité d’agir pour maîtriser l’évolution des coûts de la santé.

Toutefois, malheureusement la loi est désormais vidée d’une grande partie de sa substance car la majorité du Conseil des Etats a décidé de ne pas donner suite au projet du Conseil Fédéral visant à mettre les partenaires tarifaires face à l’obligation de négocier.

Il était prévu d’adapter certains mécanismes de financement pour tenter de contenir les dépenses de l’assurance obligatoire des soins qui sont passées de 12 à 34 milliards de francs en une vingtaine d’années. Personnene contestera que cette facture alourdit fortement le budget du ménage de nombreuses personnes et familles. Si on veut économiser, il est évident que certains partenaires encaisseront moins d’argent, mais ce débat ne peut désormais plus rester tabou.

Il s’agissait également d’associer les cantons à cette démarche et j’avais bon espoir que cet objet de la loi puisse être accepté et ensuite faire l’objet de travaux de négociations.

Malheureusement, alors que le Conseil National avait déjà balayé cette modification de la loi, notre « chambre de réflexion » a voté à 20 voix contre 20 et la voix du Président fut prépondérante en faveur de l’option… de ne rien faire… et de laisser le marché réguler les coûts de la santé ! Ce sont ainsi des mois de travaux parlementaires qui passent à la trappe !

La frustration est grande quant à une décision qui se préoccupe bien peu de la réalité et qui montre le poids de certains lobbys à Berne. Une fois encore, il s’agira dans quelque temps de remettre l’ouvrage sur le métier. D’ici là les primes d’assurance maladie continueront à augmenter !

Elisabeth Baume-Schneider, Les Breuleux
Conseillère aux Etats