Un exercice d’évacuation si tranquille... et un sujet sensible

De longue date, nous avions discuté au sein du Bureau du Conseil des Etats de l’opportunité d’effectuer un exercice d’évacuation. On nous avait indiqué les voies de sortie, l’attention à porter aux personnes à mobilité réduite, différentes précautions à respecter… et la date du mercredi 22 septembre fut arrêtée.

Je m’attendais à un véritable exercice intégrant les personnes sur les tribunes, le personnel du Palais fédéral, bref j’anticipais une situation proche de la réalité. Il n’en fut rien, l’exercice à l’issue des travaux de la matinée a presque pris des allures de course d’école, avec une sortie tranquille, certes via un escalier de secours, sur la place fédérale, et à la clé un apéritif.

Si le résultat me laisse dubitative quant à l’expérience acquise en vue d'un éventuel incendie, je suis reconnaissante à l’égard des personnes ayant préparé cet exercice. Il est opportun de préciser que cet exercice n’avait aucun lien avec les manifestations des jeudis soirs devant le Palais fédéral, désormais ponctuellement protégé par des grilles. La suite de la journée fut récréative avec la sortie du Conseil des Etats.

Don d'organes

Mais revenons-en à la politique, avec un sujet sensible abordant des questions de dignité et de valeurs personnelles. Nous avons, ce lundi, accepté une loi sur le don d’organes qui s’appuie sur un consentement présumé de la personne décédée. En effet, on observe un décalage entre les intentions de bon nombre de personnes mentionnant être favorables au principe du don d’organes et le taux réel de dons.

Nous sommes en fait assez peu à avoir glissé une carte de donneur dans notre porte-monnaie, alors que ce ne sont pas moins de 1500 personnes qui figuraient en 2020 en Suisse sur une liste d’attente pour un ou plusieurs organes. Si 519 transplantations ont eu lieu, 72 personnes figurant sur la liste d’attente sont décédées, alors qu’avec un don il leur aurait été possible, la plupart du temps, de significativement améliorer leur qualité de vie et souvent simplement de survivre.

Si le choix doit demeurer totalement personnel et ressort de critères éthiques, voire de croyances religieuses à respecter de manière inconditionnelle, force est de constater que la situation actuelle n’est pas satisfaisante.

Sauver des vies

En effet, au moment d’un accident, les proches en grande détresse ont à faire des choix difficiles et douloureux. Désormais, avec un change ment de paradigme fondamental qui
prévoit que toute personne qui ne souhaite pas faire don de ses organes après sa mort le déclare expressément, on peut envisager sereinement la question du don d’organes dans un contexte juridique totalement sécurisé. Faire ce pas peut sauver des vies et respecte totalement le choix des personnes qui ne souhaiteront pas un prélèvement d’organes au moment de leur décès.

Certes, le sujet n’est pas véritablement joyeux, mais le traiter répond concrètement à des situations de détresse... et la vie peut parfois bien vite basculer. Apporter un cadre normatif sécurisé était nécessaire et bienvenu.

 

Elisabeth Baume-Schneider, Les Breuleux
Conseillère aux Etats