Retour à une certaine normalité pour le Conseil des Etats

Le programme de la première semaine est copieux et diversifié, avec un panachage de reprises et de nouveaux dossiers. A la densité des thèmes à débattre s’ajoute une bouffée d’oxygène vivifiante, avec l’ouverture du Palais fédéral aux visites de petits groupes. Ainsi, les galeries du Conseil des Etats accueillent à nouveaux du monde, certes à petites doses.

Ce retour à une certaine normalité nous rappelle que les décisions prises ne sont pas confinées dans notre confortable environnement de travail mais concernent l’ensemble de la population. Dès cet automne, on peut espérer un retour aux habitudes antérieures ; je vous invite à faire un détour du côté des Chambres fédérales.

Nous étions la première instance à traiter des adaptations de la loi Covid19. Les propositions du Conseil Fédéral visant à atténuer les conséquences économiques de la crise sanitaire ont été largement acceptées, soit la prolongation jusqu’à la fin de l’année des Allocations pour perte de gain (APG) et des contributions aux clubs sportifs professionnels et semi-professionnels.

Par contre, le dispositif concernant l’indemnisation pour réduction de l’horaire de travail pour les petits salaires de moins de 3’470 francs, pour un emploi à plein temps, n’a pas connu le même succès. Il est utile de rappeler que, certes si la reprise est une réalité dont on se réjouit véritablement, le marché du travail est diversifié et inégal. Tous les employeurs ne sont pas encore en mesure d’assurer le volume de travail d’avant la crise.

Pénaliser les personnes en emploi qui n’ont pas pu reprendre à 100% de leur taux d’activité et qui doivent jongler pour boucler les fins de mois, en leur versant une indemnisation à 80%, fait peu de cas de leur situation. Cette proposition de minorité que je défendais avait déjà connu un sort particulier en commission (6 voix contre 6 et rejet avec la voix prépondérante du président). Le même scénario s’est reproduit en plénum avec, cette fois-ci, 22 voix et la voix prépondérante du président qui a tranché en défaveur de la proposition. J’ai bon espoir que le National corrigera cet élément; si tel est le cas, nous aurons à nouveau la possibilité de nous prononcer à ce sujet.

Nous avons également repris la loi sur le soutien aux médias; si le Conseil des Etats a maintenu le soutien à la diversité face aux grands éditeurs, le Conseil National s’est lui dangereusement éloigné du projet qui est utile aux journaux de la région. Le dossier n’est pas clos.

Pour conclure, les deux Chambres ont fait des pas significatifs en matière de transparence de la vie politique avec un changement de paradigme concernant le financement des campagnes politiques. Je suis persuadée du fait que la culture du secret en matière de financement ne contribue pour le moins pas à instaurer de la confiance entre les politiques et la population. Il est juste que les partis politiques aient à déclarer leurs recettes ainsi que la provenance des dons de 15000 francs et plus. D’ailleurs, les partis sont libres de diminuer encore cette limite...

 

Elisabeth Baume-Schneider, Les Breuleux
Conseillère aux Etats