Tests salivaires et longs monologues pour tancer la politique des sept sages

Cette première session de l’année qui se terminera à l’orée du prin- temps, le 19 mars, a un léger goût de contestations.

Avant de nous lancer dans les débats, un rituel facultatif nous est proposé avec un test salivaire à effec- tuer deux fois par semaine, les lundis et mercredis. Je suis favorable à cette option. D’une part, elle évite des mises en quarantaine, que ce soit de collègues ou du personnel adminis- tratif de la Confédération et d’autre part, au regard des nombreux efforts consentis par la population, j’ai de la peine à comprendre les personnes qui refusent ces tests et qui prennent le risque de propager le virus.

Les débats sont vifs, souvent sans nuances, basés sur des expertises de pacotille pour qualifier le travail du Conseil fédéral durant cette année de pandémie. Ainsi, nos collègues du National, dans le sillage de déclara- tions théâtrales, ont décidé de men- tionner dans la loi, l’ouverture des restaurants le 22 mars. Le Conseil des Etats a refusé de figer une telle proposition dans la loi, avec néan- moins, dans les mêmes rangs de la droite, des critiques quant à la ges- tion de la crise.

Je persiste à penser que même si nous ressentons toutes et tous un «ras-le-bol», de l’impatience et des incompréhensions par rapport à la cohérence de l’ensemble des mesures adoptées, il convient néanmoins de prendre en considération le fragile équilibre à respecter entre responsa- bilités sanitaires et reprise de la vie économique et sociale. Si nous com- parons notre situation à celles des pays voisins, force est de constater que les autorités ne font assurément pas tout faux....

Il est par contre urgent d’amélio- rer les délais nécessaires pour que les indemnités et les soutiens financiers décidés arrivent enfin dans les poches de celles et ceux qui ont en besoin pour vivre. Le traitement de la Loi COVID semble aller dans le bon sens avec des augmentations de montants pour les cas de rigueur. La situation financière des cantons est également tellement différente pour faire face à la crise.

A égalité de voix – voix prépon- dérante du président Kuprecht –, il a été décidé que la Confédération assu- merait une participation à hauteur de 80 % pour l’ensemble des mesures, par rapport à une proposition initiale de 70 %. Pour le Jura c’est fondamen- tal!

Une autre décision était fonda- mentale, soit le refus de glisser subrep- ticement dans la loi une possible ouverture des commerces 12 dimanches par année... C’est un sujet hautement émotionnel. Je suis convaincue que cette mesure ne sert pas les commerces de proximité et que pour consommer plus, il faut augmen- ter le pouvoir d’achat des personnes confrontées à un revenu modeste et... qu’en définitive, nous avons d’autres projets à vivre le dimanche que de musarder dans les magasins!

Elisabeth Baume-Schneider, Les Breuleux
Conseillère aux Etats