C’est avec émotion et reconnaissance qu’aux côtés de Mathilde, je sollicite la confiance et le soutien des membres du parti socialiste jurassien.
C’est avec détermination et conviction que je souhaite prendre un nouveau rendez-vous avec la politique.

C’est avec une fidélité inconditionnelle aux valeurs de gauche, que j’ai envie de remettre l’ouvrage sur le métier, avec une fois encore comme fil d’Ariane, le social, la dignité, l’égalité, pas seulement des chances mais surtout des résultats, le respect et l’ouverture à la diversité à la singularité, (du point de vue humain et environnemental), l’accès aux prestations sociales, à la formation, bref une prospérité mieux partagée. Je souhaite assumer un mandat politique de socialiste, de femme socialiste engagée. 

Le Canton du Jura

Attachée à mon canton, avec une petite préférence pour les paysages des Franches, c’est avec fierté que je souhaite afficher les valeurs socialistes et les couleurs jurassiennes à Berne. Le Jura vient de fêter son 40ème anniversaire et en faisant partie de la Confédération il contribue à la diversité de la Suisse. La prospérité ne se résume pas à sa dimension financière et à la production et à la consommation de richesses ; la prospérité se mesure au bien-être de l’ensemble de la communauté. A cet effet, il est vital de défendre un système péréquatif financier qui prend en considération les intérêts des régions dites périphériques. On ne saurait se contenter de la trève du 1er août ou, indépendamment des arrimages partisans, les oratrices et orateurs citent bien volontiers le préambule de la Constitution suisse qui précise : « … et que la force de la communauté se mesure au bien-être du plus faible de ses membres »

La parole politique

Pour que nos aspirations à une société plus juste ne soient pas corsetées dans un catalogue de slogans, mais se traduisent par des actions concrètes, je suis convaincue qu’il y lieu de militer, de résister, de dénoncer, de contester, d’argumenter, de convaincre, de prendre la parole et de donner envie à d’autres, de la prendre cette parole militante en faveur de la solidarité. La parole libre s’exprime dans la rue, et dans les institutions ; il est de notre responsabilité en tant que socialiste de prendre la parole là où les enjeux de société sont débattus, là où les décisions se prennent et de la partager avec celles et ceux que l’on écoute trop peu ou que l’on écoute plus.


Plus de justice sociale

Avec une insatiable volonté, une énergie inapaisée face aux injustices, j’ai besoin de m’engager pour ériger la justice sociale en colonne vertébrale en particulier des politiques publiques en matière de santé, de prestations sociales et de formation, des stratégies en matière de culture, de protection de la biodiversité, des services publics. En 13 ans de Gouvernement, je n’ai pas toujours été en mesure de prendre les meilleures décisions mais je peux vous assurer que j’ai systématiquement mis au cœur de mes choix, ma responsabilité quant aux décisions et engagement pris et la volonté de ne pas « abîmer les gens » !


De la cohérence

Camarades, être socialiste, c’est être socialiste, ici dans le Jura et à Berne, sans discours à géométrie variable. On ne peut pas entonner les refrains de la nécessité d’assainir les assurances sociales et de l’efficience des services publics à Berne dans le camp bourgeois et ensuite s’étonner béatement, voire s’offusquer, certes gentiment et plutôt en période électorale des reports de charges sur les cantons et les communes ou des baisses des prestations du service public (la Poste) dans notre canton. Je sais bien qu’«on ne peut pas tout avoir ».
Je suis consciente de la nécessité de construire des consensus, de débattre et de dégager le juste équilibre entre la responsabilité des pouvoirs publics et la responsabilité individuelle. J’ajoute aussitôt que pour moi la responsabilité individuelle appelle aussitôt à la confiance et je ne suis pas une adepte des politiques dont le sport préféré semble de débusquer des abus des tricheries avec beaucoup plus de véhémence d’ailleurs que lorsqu’il s’agit d’astuces comptables.
De la crédibilité
Je revendique l’étude de chaque objet dans sa complexité et de ne pas brandir les seuls critères financiers pour orienter le débat. Pour nous prononcer nous ne pouvons pas nous contenter d’évaluations comptables, d’évaluation propagande ou d’évaluation naïve, nous avons besoin d’évaluations d’impact qui prennent à chaque fois, de manière documentée, en considération la situation des personnes concernées, les effets pour les régions concernées par les décisions prises.

Ainsi quand on parle de péréquation financière, on pourrait penser au vu de l’excédent de 5,7 milliard affiché par les comptes consolidés de la Confédération que les quelques millions qui feront défaut au Jura sont anodins à compenser. Camarade, ce manque de l’ordre de 10 à 15 millions est massif quand il s’agit d’équilibrer le budget cantonal et il a un effet multiplicateur. En effet, si on réduit des prestations notamment dans le domaine social ou le domaine de la formation, on péjore, on précarise des situation de personnes qui se traduisent par des problèmes qui par la suite ….. coûteront nettement plus cher, ce sans parler du facteur humain qui doit impérativement être pris en compte.
La péréquation financière est certes un dispositif ultra complexe et pourtant le Larousse précise pour péréquation : répartition des charges, des impôts, etc …. de manière égalitaire.
Dès lors, on ne demande pas qu’on nous fasse des fleurs, on demande juste, à l’instar de ce qui est écrit dans le préambule de la Constitution que la force de la Suisse se mesure à la prospérité de chacun de ses cantons, des villes et de la campagne !


Plus de solidarité pour lutter contre la pauvreté

Le Conseil fédéral a publié un rapport donnant suite à une motion du groupe socialiste. On sait désormais qu’en 2016 7,5 % de la population, soit plus de 600'000 personnes sont touchées par la pauvreté et près de 15 % en sont menacée
Nous disposons d’une plateforme nationale avec un programme de prévention et de lutte contre la pauvreté. En résumé, selon les données mentionnées sur la plate-forme, à partir de cette année, l’OFAS consacrera à ce programme 1,4 poste ainsi qu’un financement de l’ordre de Fr. 250'000.—par année jusqu’en 2023. Eu égard à la situation économique en Suisse, cette situation est incompréhensible.
Camarade, je parlais tout à l’heure de la nécessité de prendre la parole ; je souhaite remercier Nathalie qui a pris la parole au sujet de la pauvreté en publiant le rapport social, qui décrit sans fard l’ampleur et l’évolution de la pauvreté dans le canton du Jura. Le moins que l’on puisse dire est que l’accueil mitigé, parfois critique n’est pas du tout à la hauteur du courage nécessaire pour dans un premier temps proposer une photographie aux tonalités statistiques, avec certes des lacunes mais aussi des indicateurs qui constituent un socle de base à partir duquel on ne pourra plus dire qu’on ne savait pas et estimer que notre filet social est trop confortable.
Je suis rassurée du fait que le canton du Jura applique les normes CSIAS en matière d’aide sociale et on peut se réjouir de la votation dans le canton de Berne qui a montré l’attachement du peuple bernois à ce système.
Camarade quand on lutte contre la pauvreté, on lutte contre l’exclusion. L’aide sociale contribue de manière significative à la cohésion sociale en Suisse et permet de vivre dans la dignité dans la perspective d’être autonome.
Le parti socialiste entend intervenir pour lutter contre la pauvreté et la question des primes de l’assurance maladie est un sujet lancinant depuis de nombreuses années.


L’exemple de la LaMal

A l’origine de la Lamal, il a fallu batailler ferme en faveur d’une révision de fond en comble de l’assurance maladie pour enfin garantir une assurance pour tout le monde contre la maladie, pour concrétiser selon les termes de Ruth Dreyfuss une ambition formidable vieille de plus de 100 ans. Le projet avait d’ailleurs à l’époque été accepté du bout des lèvres en Suisse avec 51,8 % de votes favorables et une acceptation nettement plus massive en Suisse romande avec 83,8% de oui dans le Jura !
De tout temps, le parti socialiste a martelé la cohérence et la nécessité de mettre en relation le financement de la LaMal pour la part des assurés par une participation liée au revenu.
A l’époque le Conseil fédéral pronostiquait un plafond de la participation à 8 % du budget mensuel et on constate aujourd’hui une explosion de ce plafond, subside compris avec des charges pouvant atteindre des sommets vertigineux (24 %) d’indécence pour certains ménages. Ce n’est tout simplement plus possible de continuer ainsi, avec, comme l’affirmait tout récemment notre camarade Stéphane Rossini une solidarité inversée entre les riches et les pauvres et une sollicitation extrême de la classe moyenne. Pour faire simple, plus on gagne, moins on paie pour la santé. Vous en conviendrez, c’est pour le moins paradoxal dans un système de santé social.


De la nécessité de remettre de l’ordre

Le constat n’est pas une marotte de la gauche. Ainsi le Tribunal fédéral dans un arrêté du 22 janvier dernier a estimé qu’il fallait mettre de l’ordre dans les subsides et condamné le canton de Lucerne à ne pas limiter le subside aux seuls bas revenus, soit les bénéficiaires de PC et de l’aide sociale, sans prise en considération de la classe moyenne…. On ne peut pas se contenter de prendre en considération la situation particulière des enfants et des jeunes adultes pour les coûts mais bien de toute la population.
Dans le Jura, on n’a pu maintenir un taux élevé de bénéficiaires mais avec des primes élevées, les montant à charge de la classe moyenne ne cessent d’augmenter et je peux imaginer, plutôt redouter que dans le cadre des arbitrages budgétaires, notre ministre Nathalie Barthoulot ne peut pas compter sur des propositions spontanées de ses collègues pour augmenter la participation cantonale !
Ce débat doit impérativement avoir lieu sur le plan national et si un cap formidable a été franchi voici 25 ans, osons, camarades, affirmer une solidarité renouvelée cette fois-ci pour le financement de la LaMal. Il était choquant à l’époque que toute la population ne soit pas assurée… aujourd’hui, il révoltant que le paiement des primes soient source de pauvreté !
Camarades, la récolte de signatures est lancée concernant l’initiative d’allègement des primes. Le PS en a fait une promesse électorale : personne ne paiera plus de 10 % de son revenu pour des primes d’assurance-maladie. Ce ni un rêve, ni de la démagogie, ni du dogmatisme. C’est du respect pour les familles, pour les personnes, âgées ou jeunes… qui n’attendent pas la fin du mois pour constater que c’est difficile, voire impossible de payer leurs factures.
Cette initiative participe à la régulation dans le système de financement de l’assurance maladie. C’est notre responsabilité !


Merci !!

merci une fois encore à Pierrot, à Luc et à Théo qui composent avec ma décision, m’ont toujours arrimé les pieds bien sur terre et dans la réalité,
Merci à Mathilde pour l’enthousiasme, merci au PS, au Comité directeur, aux Femmes socialistes, à la Section des Franches-Montagne.
Un si grand merci !