LFM — mardi 15 novembre 2022

Elisabeth Baume-Schneider est candidate à la succession de Simonetta Sommaruga au Conseil fédéral.

La sénatrice des Breuleux a lancé sa campagne vendredi à Berne. Premier objectif : figurer sur le ticket socialiste qui sera arrêté le 26 novembre. Se définissant comme une alternative, la politicienne croit en ses chances malgré les handicaps de la région et de la langue.

« Si j’avais la certitude de n’avoir aucune chance, je ne passerais pas mon temps à faire campagne. » Elisabeth Baume-Schneider part au combat, tambour et cœur battants. Elle a la foi, l’ancienne ministre jurassienne (2003-2015), actuelle 2e vice-présidente du Conseil des Etats.

Vendredi à Berne, la Franc-Montagnarde a officialisé sa candidature devant les journalistes, bien entourée par ses camarades jurassiens du parti à la rose. Dans la foulée, ses successeurs au Gouvernement se sont fendus d’un communiqué de presse, soutenant celle qui pourrait devenir la première représentante du Jura au Conseil fédéral. Bénéficie-t-elle d’autres appuis ? La sénatrice persifle gentiment : « Non, je suis toute seule à La Theurillatte et j’attends ! »

Du soutien derrière elle

Oui, Elisabeth Baume-Schneider a du monde derrière elle. Des personnes qui, comme elle, pensent que sa candidature est crédible. Des personnes qui, comme elle, pensent qu’elle serait à même de constituer une alternative à l'élection cousue de fil blanc d'une sociale-démocrate alémanique plus libérale, plus à droite. Le nom de ses soutiens politique ? « Je ne vais pas les donner ! » évacue la prétendante.

En ordre de bataille avec son comité de campagne, Elisabeth Baume-Schneider enchaînera ces prochains jours les auditions un peu partout en Suisse et fera chauffer son portable plus souvent qu’à son tour. « Je vais appeler mes collègues… sans les harceler ! » rigole la Jurassienne, qui va commencer par le répertoire des membres du groupe parlementaire socialiste aux Chambres fédérales.

Afin d’accéder à l’élection pour le Conseil fédéral du 7 décembre, la conseillère aux Etats des Breuleux devra commencer par se frayer une place sur le ticket du PS, lequel sera connu le samedi 26 novembre. A un an des élections fédérales, sera-t-il stratégiquement judicieux pour le parti à la rose de laisser une ouverture à une candidature romande pour remplacer un siège dévolu à une Alémanique ? « C’est à la présidence du PS de répondre » coupe Elisabeth Baume-Schneider, qui a mis ses activités de vice-présidente du parti en veilleuse, le temps de la campagne.

Dynamique romande

La sénatrice enchaîne en mettant des points d’interrogation dans sa voix, se demandant tout haut si les candidatures d’Evi Allemann (conseillère d’Etat bernoise) et d’Eva Herzog (conseillère aux Etats bâloise) seraient davantage profitables au PS. Et si une place laissée à la Suisse romande ne pourrait pas instiller « une petite dynamique ».

C’est là tout le nœud de cette élection : la représentation régionale. Elisabeth Baume-Schneider ne s’y est pas trompée, vendredi à Berne, élargissant sciemment les horizons. « Je suis très sensible aux équilibres, de genre, de culture, mais je pense justement représenter un pont. En tant que Jurassienne, j’ai l’habitude de travailler en réseau. L’Arc jurassien, la Suisse romande, mais aussi le nord-ouest de la Suisse, de Bâle à l’Argovie. »

Quant à la langue, elle ne constitue pas une barrière selon elle. La candidate l’a rappelé : elle a grandi aux Bois en parlant suisse-allemand avec son père. Dans un canton qui a dû se défaire de la domination bernoise, la papable entretient une « relation affectueuse » avec le dialecte alémanique. « C’est un élément qui peut être atypique » estime la candidate.

Majorité latine possible ?

Enfin, s’appuyant sur son expérience au sein d’un exécutif, Elisabeth Baume-Schneider veut incarner les régions qui connaissent des difficultés du point de vue économique. Ces arguments seront-ils susceptibles de convaincre l’assemblée fédérale d’asseoir une majorité latine au Conseil fédéral ? Le doute est permis. « Certains pensent que c’est possible, d’autres que c’est rédhibitoire » analyse la Breulotière.

Agée de bientôt 59 ans, la candidate franc-montagnarde dit « être jeune d’idées » et ancrée « dans la vie réelle », aidée en cela par son mari Pierrot et ses deux fils. « De nature courageuse », selon ses mots, elle part la rose au fusil. « C’est à moi de convaincre, c’est toujours comme çaune élection. »

Randy Gigon